Un nouveau Jean Bart entre au musée

Charles Dubus (Lille, 1993 - )
Restitution physionomique de Jean Bart au décor anachronique (titre provisoire)
2022
Huile sur toile (73,5 x 60 cm)
Collection Musée portuaire de Dunkerque

Jeudi 8 décembre, Dorian Dallongeville, directeur-conservateur, a dévoilé avec l'artiste Charles Dubus une œuvre originale et inédite qui entre dans les collections du Musée portuaire de Dunkerque à l'occasion de son 30e anniversaire.

Cette commande, réalisée par le jeune artiste arrageois Charles Dubus, peintre des Hauts-de-France, fait entrer en dialogue le passé de la cité corsaire avec son port contemporain. La composition, scientifiquement étudiée et précisément documentée, présente une restitution physionomique de Jean Bart dans un décor anachronique et symbolique.

La restitution du personnage découle d’un procédé, d’une méthodologie, que l'artiste met au point depuis quelques années et qu'il nomme « l’iconographie expérimentale ». Ainsi, sa restitution du portrait de Jean Bart se base à la fois sur une lecture historique, technique et contextuelle des sources iconographiques et sur une proposition de reconstitution faciale médico-légale d’après les photographies anciennes du crâne du sujet.

L’œuvre reflète naturellement le ressenti de l'artiste. Ainsi, sa démarche de création est assez proche de l’écriture de l’histoire de Michelet, où l’aspect divinatoire côtoie la science. Tout ce travail, fonctionnant de concert avec le médium lui-même (la peinture à l’huile), est étayé par un compte rendu méthodologique écrit inédit (sa notice). Une phase déterlinante de recherches a donc précédé la création de l’œuvre.

Cette peinture reprend certains codes de représentation très communs à l’époque de Jean Bart et présente tout un univers symbolique destiné à replonger le spectateur d’aujourd’hui à la fin du XVIIe siècle, tout en faisant référence à des emblèmes contemporains du port de Dunkerque (phare du Risban, bateau-feu Sandettié, portiques à conteneurs, etc.). Cet univers du Grand Siècle est évoqué par la composition en elle-même, mais aussi par des éléments tels que :

  • la nature morte au premier plan, qui suggère autant la vie du marin (pain biscuit, hareng en référence à l’ancienne activité de pêche de Dunkerque, chope à bière, coupelle en étain) qu’à une référence eucharistique (le pain, la boisson, le poisson) ;

  • la voilure derrière le personnage, qui s’inspire du rideau, élément de décor récurrent dans la portraiture officielle de l’époque, mais qui est ici tout à fait propre à l’univers de Jean Bart ;
  • la pipe en grès, très commune à l’époque et très largement vendue dans les Flandres, objet souvent représenté par les peintres de l’époque moderne, qui est également une référence discrète au passé d'entrepôt des tabacs dans lequel se trouve aujourd'hui le musée ;
  • les anciennes armoiries de Dunkerque.

Les sens de lectures sont multiples. La toile dans son entièreté est censée faire penser au monde (sous-)marin :

  • la texture et la forme du carré de voile, qui rappelle la peau de raie ;
  • la brillance et l’éclat d'éléments qui évoquent la nacre (boutons du justaucorps, chope à bière, etc.) ;
  • la texture rêche du bastingage qui paraît être celui d’une épave remontée du fond ;
  • la carnation du personnage mais aussi de l’étoffe à sa taille, dont les reflets et les couleurs rappellent ceux de la chair de poisson ou de coquillage ;
  • l’éclairage très particulier du premier plan joue aussi un rôle, ainsi que le mouvement emporté et les tourbillons créés par les bourrasques.

Est-ce donc la vision d’un bateau fantôme, comme le Hollandais volant, ou s’agit-il au contraire de l’incrustation d’un fond anachronique à une scène réelle du XVIIe siècle ? Chaque spectateur pourra se faire son idée et lire l’image avec un sens personnel.

Le traitement stylistique de l’œuvre est tout aussi souple que le reste et il en est presque composite, mais reste dans son ensemble très "ancestral". Le style pictural lui-même est censé incarner, au sens propre, une époque ancienne. Certains passage de la toile sont ainsi romantiques, alors que d’autres sont plus baroques, d’autres encore sont quasi-impressionnistes… Il s'agit, en somme, d'une véritable peinture figurative contemporaine.

Cette oeuvre constitue une étape importante dans la production artistique de Charles Dubus. Elle condense l’ensemble de ses recherches artistiques et de son savoir-faire, au service d’une vision poétique et historique d’un sujet qu'il considère comme important.

Enfin, cette production picturale peut être érigée au rang de dernière iconographie officielle de Jean Bart, puisque renouveler l'image de l'illustre corsaire était l'une des ambitions de l'artiste.

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